Les entreprises actives dans le développement de nouveaux projets liés au gaz et au pétrole seront désormais exclues des solutions d’investissement proposés par Ethos. Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la stratégie climatique adoptée en 2022 et permet à Ethos d’aligner ses pratiques sur la nouvelle réglementation européenne en matière d’investissement responsable (« Paris-aligned Benchmarks »). Les entreprises concernées étaient toutefois pour la plupart déjà exclues en raison de leur implication dans des controverses ESG majeures.
Ethos met à jour les critères d’exclusion sectoriels qu’elle applique à ses solutions d’investissement (fonds de placement et indices boursiers durables). Ces critères, qui figurent dans ses Principes pour l’investissement socialement responsable, déterminent les secteurs d’activité jugés incompatibles avec le développement durable et qui, par conséquent, ne peuvent pas faire l’objet d’investissements par les fonds qui portent le nom Ethos.
La principale modification de cette nouvelle mise à jour tient à l’exclusion formelle des énergies fossiles. Ainsi, les entreprises actives dans le développement de nouveaux projets gaziers et pétroliers (exploration et extraction) seront désormais automatiquement exclues, quelle que soit la part du chiffre d’affaires générée par ces activités. Il en va de même des entreprises actives dans l’extraction du charbon.
Jusqu’à présent, Ethos excluait les entreprises qui réalisaient au moins 5% de leur chiffre d’affaires dans le charbon (depuis 2017) ou dans les énergies fossiles non-conventionnelles (depuis 2020) – sables bitumineux, fracturation hydraulique, gaz et pétrole provenant de l’Arctique.
Des entreprises peu enclines au changement
En 2022, Ethos s’est engagée, dans le cadre de sa stratégie climatique, à exclure de ses solutions d’investissement toutes les entreprises du secteur des énergies fossiles qui ne se seraient pas fixé d’objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre validés par la science (SBTi) d’ici 2025. Cette approche devait à la fois laisser le temps au dialogue pour tenter de les inciter à s’inscrire dans transition et à investir massivement dans les énergies renouvelables, mais également fixer à l’avance des mesures d’escalade claires en cas d’échec.
Trois ans plus tard, aucune entreprise du secteur n’a vu ses objectifs climatiques validés par la science. Pire, certaines ont tenté d’entraver les démarches de leurs propres actionnaires qui souhaitaient les encourager sur la voie du changement, notamment durant la saison des assemblées générales (AG).
En 2024, TotalEnergies a ainsi refusé d’inscrire une résolution d’actionnaires qui visait à améliorer la gouvernance en séparant les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général. Depuis, elle a également retiré de l’ordre du jour de son AG annuelle le vote sur sa stratégie climatique (« Say on Climate »). La même année, Exxon Mobil a empêché une résolution de Follow This demandant à l’entreprise de se fixer des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre en attaquant en justice l’ONG.
Enfin, cette année, c’est BP qui a refusé d’inscrire à l’ordre du jour de son assemblée générale une résolution déposée par Follow This et une coalition d’investisseurs, dont Ethos, lui demandant d’expliquer comment elle entend continuer à créer de la valeur dans un contexte de baisse annoncée de la demande en gaz et en pétrole. Elle a également demandé à ses actionnaires d’approuver l’abandon d’engagements climatiques qu’ils avaient pourtant validés en 2015 et 2019.
« Ces différents exemples nous ont confortés dans notre choix de passer à l’étape supérieure et d’exclure formellement les énergies fossiles de nos solutions d’investissement, souligne Vincent Kaufmann, directeur de la Fondation Ethos. Ils ont montré que ces entreprises n’étaient actuellement ni ouvertes au dialogue ni enclines au changement. »
Exclusions déjà en vigueur de facto
Les principes d’exclusion d'Ethos sont désormais alignés sur la nouvelle réglementation européenne (« Paris-aligned Benchmarks »), qui fixe les seuils retenus pour les exploitations existantes des énergies fossiles. Conformément à cette réglementation, sont désormais exclues toutes les entreprises qui réalisent plus de 10 % de leur chiffre d’affaires dans l’exploration, l’extraction, la distribution (y compris la vente au détail), le stockage et le raffinage de pétrole. Ce seuil est fixé à 50 % pour le gaz et à 1 % pour le charbon. Les entreprises qui génèrent au moins 5 % de leur chiffre d’affaires dans la génération d’électricité à base de charbon thermique sont également exclues.
A noter qu’Ethos excluait déjà de facto toutes les grandes entreprises actives dans les énergies fossiles, soit parce qu’elles réalisent plus de 5 % de leur chiffre d’affaires dans des énergies fossiles non-conventionnelles, soit en raison de leur implication dans une controverse environnementale majeure, ou encore de leur notation ESG et climatique insuffisante. L’impact de ces nouvelles exclusions sur les univers d’investissement est ainsi très limité.
Ethos va désormais travailler avec ses partenaires bancaires en vue d’appliquer ces nouvelles exclusions à l’ensemble de ses solutions d’investissement dans les meilleurs délais. Il est toutefois important de souligner que les membres de la Fondation et les clients d'Ethos Services, des caisses de pension suisses en grande majorité, restent libres d'appliquer ou non ces critères d'exclusion. Ethos continuera par ailleurs de dialoguer et de participer à des campagnes d’engagement visant les entreprises actives dans les énergies fossiles au nom des membres de ses programmes d’engagement.
Dans le cadre de ses analyses ESG, Ethos passe au crible les activités de plus de 3000 entreprises cotées dans le monde. Ce travail inclut également une évaluation détaillée de leur exposition à des secteurs sensibles ou à des controverses ESG. Ethos identifie ainsi pour chaque entreprise la part du chiffre d’affaires réalisée dans les différents secteurs.
Les utilisateurs et utilisatrices de la plateforme e-Services d’Ethos peuvent définir leurs propres seuils de tolérance pour chacun des secteurs sensibles répertoriés (armement, tabac, jeux de hasard, pornographie, OGM, énergie nucléaire, combustibles fossiles liquides et gazeux), puis ainsi mesurer l’exposition de leurs portefeuilles au regard de ces seuils.
Principes d'Ethos pour l'investissement socialement responsable